archi.dpa@gmail.com
VISIOCONFÉRENCE / DEBAT
Du 07 octobre 2026
Défense de la profession d’architecte, rôle de l’Ordre et perspectives d’action collective.
Organisée à l’initiative de l’association DPA, cette rencontre avait pour objectif d’engager une réflexion collective sur la situation de la profession d’architecte, les difficultés rencontrées dans l’exercice quotidien , la capacité de l’Ordre des architectes à défendre la place de l’architecte dans la société et d’ouvrir des perspectives d’action collective.
LE CONTEXTE
Grande préoccupation concernant l’avenir de la profession : difficultés croissantes d’accès à la commande en marchés privés ou publics, fragilisation économique des agences et des services publics de l’architecture, multiplication des contraintes administratives, concurrence déloyale d’autres acteurs de la construction, affaiblissement du recours à l’architecte et sentiment d’une insuffisante reconnaissance de son rôle d’intérêt public.
Démissions de plusieurs conseillers du Conseil régional de l’Ordre Occitanie (lien vers communiqué de démission), élus sur des orientations défendues par DPA. Ces départs ont soulevé des interrogations concernant le fonctionnement collégial de l’institution, les possibilités d’action des élus, la transparence de certaines décisions et la capacité de l’Ordre à répondre aux attentes des architectes.
Au fil des interventions, les échanges ont progressivement dépassé la question des démissions pour aborder plusieurs enjeux structurants :
L’ORDRE DES ARCHITECTES
Ses missions légales, sa représentation auprès des pouvoirs publics, sa capacité à défendre la profession et ses conditions d’exercice professionnels. De nombreux participants ont exprimé une forte volonté de faire évoluer l’Ordre vers une institution davantage présente dans la vie professionnelle des architectes, plus accessible et plus active dans les débats publics et réglementaires, à même de représenter plus équitablement les architectes dans toute leur diversité territoriale, professionnelle et économique, ainsi que les problématiques propres à chaque mode d’exercice. Il est aussi indispensable de garantir la transparence sur l’affectation des fonds issus de nos cotisations au regard des missions de service public de l’institution.
En s’appuyant notamment sur l’article 26 de la loi sur l’architecture du 3 janvier 1977 (lien présentation), DPA soutient que l’Ordre dispose de leviers juridiques et institutionnels pour agir sur les conditions d’exercice de la profession. Sans se substituer aux syndicats, il peut défendre certains droits et intérêts professionnels. Les textes lui en donnent les moyens ; les équipes élues peuvent choisir d’en faire un axe fort de leur action.
DÉFENSE DE LA PROFESSION, RECONNAISSANCE ET VISIBILITÉ
Le recours obligatoire à l’architecte, le seuil des 150 m² qui cristallise les difficultés, la reconnaissance de l’architecture du quotidien et de la place des architectes dans la société, sont autant de sujets mis en débat.
Un constat unanime émerge : la profession souffre d’un déficit de reconnaissance et de visibilité auprès du grand public, qui l’associe encore principalement aux bâtiments emblématiques et aux projets de prestige, au détriment de ses interventions sur le bâti courant, la rénovation et la réhabilitation. Cette perception contribue à le considérer comme un intervenant secondaire, coûteux ou réservé aux projets d’envergure.
L’abaissement – voire la suppression – du seuil de recours obligatoire à l’architecte est perçu par de nombreux participants comme une condition essentielle pour protéger la qualité architecturale et rétablir la place de la profession. Parallèlement, il parait nécessaire de valoriser l’expertise de l’architecte par la qualité de ses prestations, ses compétences et sa valeur ajoutée pour que le recours à l’architecte ne se résume plus à une contrainte financière supplémentaire.
« L’architecture du quotidien » a également suscité de nombreux échanges : construire, transformer, étendre ou réhabiliter le bâti existant ne relève pas uniquement de l’intérêt du propriétaire, mais engage aussi le paysage, le voisinage, les rues, les quartiers et, plus largement, la ville. Par son approche globale, l’architecte contribue ainsi à la qualité du cadre de vie et répond à un véritable enjeu d’intérêt public. Cette valeur ajoutée soulève toutefois la question des conditions économiques de son intervention : honoraires, évaluation financière des missions, adaptation aux petites opérations et rôle économique et fiscal de la profession. Autant de sujets débattus lors de cette rencontre, qui soulignent l’importance de mieux reconnaître la contribution de l’architecte dans l’accompagnement des particuliers, la maîtrise des budgets et la sécurisation des projets et des chantiers.
Le titre d’architecte et la confusion entre les métiers : La multiplication des acteurs de la construction et l’usage de qualifications proches entretiennent une confusion sur les compétences, les responsabilités et les garanties propres à chaque profession. Cette ambiguïté concerne notamment les distinctions entre architectes, architectes d’intérieur, paysagistes, maîtres d’œuvre non architectes, mais aussi entre architectes DE et HMONP, nuances peu compréhensibles pour le grand public, qui n’identifie pas toujours le lien entre le titre d’architecte et la maîtrise d’œuvre. Sans remettre en cause la légitimité des autres professions, les participants soulignent ainsi l’urgence de clarifier les frontières entre les métiers, de mieux protéger le titre d’architecte et de rendre plus lisibles sa formation, ses compétences et les obligations liées à son exercice.
SE DONNER LES MOYENS D’AGIR COLLECTIVEMENT
La réunion s’achève sur un appel à renforcer la coordination entre l’Ordre, les syndicats, et toutes les organisations qui concourent à représenter la profession. Il est urgent de dépasser les divisions, faire émerger des priorités communes et peser davantage sur les décisions politiques.
Plusieurs chantiers se dégagent :
Le cinquantième anniversaire de la loi du 3 janvier 1977 en 2027, offre une occasion unique de porter cette ambition. DPA annonce s’être associée à l’UNSFA et d’autres organisations représentatives de la profession pour préparer un document de propositions destiné aux candidats à la prochaine élection présidentielle avec la perspective d’une mobilisation nationale de la profession, voire, au-delà.
Gouvernance et représentation :
Renforcer la participation des architectes à la vie et aux orientations de leur Ordre.
Recours à l’architecte :
Organiser un débat spécifique sur le seuil, ses conséquences et les solutions adaptées aux petites opérations.
Valorisation de la profession :
Travailler sur la construction d’un argumentaire étayé sur sa valeur ajoutée économique, sociale et environnementale.
Au-delà de notre mobilisation collective, les échanges soulignent que L’Ordre est attendu comme levier essentiel pour défendre les conditions d’exercice de la profession et faire évoluer les règles qui déterminent sa place dans la société.

Laisser un commentaire